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Publié dans Vidéos sur la cup | 6 commentaires

On a failli envoyer une cup dans l’espace (avec Rodolphe Rhety) !

On a failli envoyer une cup dans l’espace (avec Rodolphe Rhety) !


Vous voulez m'encourager ?
Un p'tit like de ma page Facebook, ce serait trop trooooop sympa ;)





Un article tout à fait étonnant puisque je me suis retrouvée à essayer d’envoyer une cup dans l’espace… vous le croyez, vous ? Et bien moi non plus quand Rodolphe m’a contactée pour me poser ses quelques questions « un petit peu étranges »…

Je vous raconte cette aventure sur la coupe menstruelle interstellaire 😀

Un concours de la NASA pour gérer les menstruations ?

Le message de Rodolphe commençait comme ça :

« Bonjour,
Oui c’est un homme qui va poser des questions. En premier lieu, et afin de vous éviter de me prendre un cinglé notoire, je vais vous exposer le but de mes recherches.
J’essaye de participer à un concours de la NASA (non je ne plaisante pas, ne cliquez pas sur « supprimer le mail ») visant à apporter un confort aux astronautes en missions longues durées. Le but étant de gérer matières fécales, urines, et menstruations.
Ah, c’est pour ce dernier point que je vous contacte ».

 

Imaginez ma réaction : je pleurais déjà de rire ! ^^

Renseignements pris, il y avait bien un concours organisé par la NASA , regardez plutôt :

 

 

Bref, nous avons depuis échangé pas mal avec Rodolphe, et malheureusement il n’a pas gagné le fameux SpacePoop challenge de la NASA.

Je tenais quand même à partager avec vous son fameux dispositif pour aider les astronautes féminines à gérer leurs règles facilement dans l’espace, parce que quand même, l’idée m’a bien plu ! 😀

Je laisse donc la parole à Rodolphe :

La cup de l’espace

Vivre dans l’espace doit être une expérience unique : flotter sans ressentir la pesanteur, boire des bulles d’eau, voir la terre d’un autre point de vue… Mais les inconvénients existent aussi : nos corps ont des déchets à rejeter et quand la pesanteur n’existe plus, les problèmes commencent !

Les équipes chargées d’envoyer les astronautes y ont bien sûr pensé et pléthore de solutions ont déjà été trouvées : les WC de l’ISS (International Space Station), ou bien encore des équipements à porter sous les combinaisons spatiales…

Cependant, à ce jour, le port de combinaisons est limité à quelques heures. Que se passe-t-il si la mission dure 6 jours ?

Les appareils classiques utilisés ressemblent beaucoup à ceux des hôpitaux, et sont prévus pour une utilisation d’une journée tout au plus. La NASA a donc lancé ce concours pour apporter de nouvelles idées pour collecter de façon sécurisée tous ces petits déchets du quotidien à l’intérieur même de la combinaison.

Nom de code : « The Spacepoop Challenge » (traduisez par « le challenge du caca de l’espace » … aaaahh! la poésie)

Et la coupe menstruelle dans tout ça ? J’y viens.

 

Les contraintes à prendre en compte

Plusieurs contraintes ont été définies, tant au niveau technique qu’au niveau environnemental :

  • une puissance électrique limitée
  • la combinaison de l’astronaute est pressurisée
  • l’appareil doit se mettre en 5 minutes maximum
  • l’intervention de l’astronaute doit être limitée
  • l’appareil doit pouvoir gérer 6 jours consécutifs, soit :
    • 6 litres d’urines,
    • 450g de matières fécales solides
    • 450ml de matières liquides,
    • 80ml de menstrues

Léna : ça laisse rêveur, toutes ces quantités, non ? ^^

 

Comme ce site internet est principalement axé sur l’hygiène féminine et plus particulièrement la coupe menstruelle, nous n’aborderons pas le dispositif fécal, ni même l’appareillage masculin.

6 jours de règles à récupérer

Il s’agit donc de récupérer 80 ml de menstrues, sans intervention ni problème médical – l’hôpital le plus proche se trouve à 400km en contrebas pour l’ISS, et encore il ne faut pas se louper à 27 600km/h !

Et l’astronaute doit donc porter sa combinaison 6 jours pleins durant.

Reprenons les différentes méthodes de protections périodiques qui existent sur Terre :

1- Les tampons

Non envisageable : garder un tampon 6 jours est strictement hors de question pour des raisons d’hygiène.

Léna : Oui, on peut même ajouter pour raisons vitales (voir un peu d’infos sur le SCT)

2- Les serviettes:

C’est la méthode actuelle pour tous les astronautes (hommes ou femmes)…  Il s’agit plutôt de couches, et on récupère « tout » dedans. Le problème, c’est que pour garder tout ça en contact avec la peau 6 jours, il faut :

  • une très très grosse couche
  • une peau en inox.

 

la couche spatiale

La grosse couche spatiale et la combinaison orange américaine

 

3- La solution : la cuuuuup !!

De mon point de vue, je ne voyais qu’une seule solution : aller chercher à la source ce qui doit sortir (je n’arrive pas à formuler autrement, désolé 🙂 ).

De longues recherches sur internet m’ont guidé vers un système existant depuis environ un siècle : la coupe menstruelle. Ce dispositif en silicone médical, bien géré, semblait parfaitement adapté pour éviter tout problème médical pendant les 6 jours de la mission.

 

Création du dispositif comprenant la cup

Une partie du système de récupération implique qu’il n’y ait qu’un dispositif masculin et un dispositif féminin. Idéalement, le dispositif féminin doit donc recueillir urines et menstrues – toujours séparément – mais en un seul dispositif final.

En cherchant un peu plus, j’ai découvert un brevet américain d’un appareil médical dont j’ai repris l’idée de base.

catheter cup

Catheter externe US 6428521 B1

 

Original non?

J’ai donc modifié ceci pour avoir une coupe plutôt qu’un champignon et adapté la morphologie et les conduits en fonction des contraintes et des besoins (je passe pas mal de détails).

 

système de collecte féminin

Le système de collecte féminin… plutôt coquet, non ?

 

Le dispositif féminin (10) permet donc de récupérer l’urine et les menstrues pour les stocker dans le réservoir ventral (1). Un contrôle du système se fait à l’aide d’un calculateur et des électrovannes (vannes pilotées électriquement).

Voyons le dispositif de plus près :

récuperation fluides féminin

Récupération des fluides au féminin (sang des règles, urine)

 

On retrouve la base du dessin breveté avec la coupe urinaire (10) (11) et la coupe menstruelle modifiée (21). Le reste sont des ajouts pour palier le problème sanitaire et celui de la gravité.

 

Les fluides dans l’espace

En microgravité, les fluides s’accrochent à la matière quelle qu’elle soit.

 

Eau dans l'ISS

Essai avec de l’eau dans l’ISS

 

Dans un espace clos, un liquide va donc parcourir aléatoirement les parois. Les espaces vides doivent donc être limités. Cependant, ils doivent exister quand même afin de garder la fraîcheur cutanée et éviter les infections (utilité de la partie (20) pour l’urine).

Pour la coupe menstruelle, la gestion est différente : une aspiration se fait régulièrement : si un liquide s’y trouve, un processus de nettoyage s’enclenche via un tuyau d’humectage (22) afin d’éviter que du sang ne reste dans la coupe.

Enfin, la gestion des fluides permet de séparer les bulles des différents liquides et de stocker ces derniers dans un réservoir.

Et voilà pour mon système de récupération des urines et des menstrues ! Je ne détaillerais pas le reste car c’est encore un peu plus technique et j’ai peur que la plupart des lecteurs/lectrices ne fuient l’article 🙂

 

Léna : Ecoute Rodolphe, c’est super ! Moi j’ai adoré suivre ton cheminement pour parvenir à la création de cette « cup de l’espace ». Et franchement, j’aurais pu lire des explications encore pendant longtemps !

 

 

Enfin bref, voilà pour l’innovation spatiale proposée – et non retenue malheureusement par la NASA- par Rodolphe, un grand bravo à lui pour sa créativité et son intérêt pour l’évolution de l’homme dans l’Espace !

Enfin, moi ça m’aura bien fait rêver 🙂 Et vous, vous avez aimé ?

N’hésitez pas à me dire où vous voudriez bien emmener votre cup, vous ? 😀

 

 

On a failli envoyer une cup dans l’espace (avec Rodolphe Rhety) !
5 (100%) 7 votes

6 Commentaires

  1. Géant !!! Bon, c’est un peu plus qu’une cup (ça fait un peu ‘peur’ quand on voit l’engin) mais c’est super intéressant ! 🙂
    Bravo pour ce chouette article !

    • Merci m’dame !
      C’est vrai que l’ensemble du dispositif fait un peu peur, mais moi je ne regardais que la partie « coupe » 😉
      En tout cas, j’ai bien ri à le faire avec Rodolphe 🙂

  2. Merci à Léna pour toutes les informations qui ont complété mon dossier. Pour ceux que ça interesse, je les invite à regarder la page suivante : https://herox.com/SpacePoop/updates
    Ce sont les resultats et les idées retenues.

    • Merci à toi, j’ai passé un chouette moment à essayer d’envoyer ma cup dans l’espace 😀
      ++

  3. Salut Léna, je permets de te contacter pour avoir quelques conseils. J’ai fais plus ou moins le tour sur ton site. Je ne sais toujours pas quelle coupe choisir.
    J’ai plutot flashé sur la lilycup mais comment savoir si la longueur ne me généra pas, comment se faire un avis ? J’aimerai éviter une coupe avec un rebord arrondi, j’ai peur que cela me gène. Je cherche une cup facile d’emploie et surtout facile à retirer sans galerer à aller la chercher « au fond ». Et je pense avoir besoin d’une cup assez souple.
    Merci d’avance pour tes conseils si tu arrives un peu a m’éclairer ce serait parfait. Sinon ton site est top et motive vraiment à essayer les coupes ! Bonne soirée

    • Hello Clémence,
      Ecoute, ce n’est pas simple de te répondre avec juste ces infos… 😉
      Essaie une des cups qui est souvent appréciées des débutantes, genre la Fleurcup ou la Lunacopine ?
      Tu me diras ce que ça donne ?
      ++

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